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Doctorat au Cameroun : Comment et pourquoi 600 candidats ont été retenus

Entre rigueur académique et ambitions stratégiques, le retour du cycle doctoral dans les universités d’État camerounaises fait couler beaucoup d’encre. Alors que la sélection de seulement 600 candidats pour l’année 2025-2026 suscite des frustrations chez de nombreux titulaires de master, le Ministre d’État, Jacques FAME NDONGO, lève le voile sur les coulisses d’un numerus clausus dicté par une volonté de fer : transformer le doctorat camerounais en un label d’excellence compétitif à l’échelle mondiale.

Relance du doctorat au cœur du débat universitaire

La sélection de seulement 600 candidats pour les études doctorales dans les universités d’État camerounaises pour l’année académique 2025-2026 suscite de vifs échanges au sein du milieu universitaire. Après une pause dans le recrutement, le gouvernement a relancé le cycle doctoral, mais certains titulaires de Master estiment que le nombre de places est trop faible.

Face à ces réactions, le ministre d’État en charge de l’Enseignement supérieur, le professeur Jacques FAME NDONGO, est revenu sur les critères et la logique qui sous-tendent cette décision dans un entretien accordé au quotidien Cameroon Tribune.

Des quotas définis sous directives présidentielles

Selon les explications du ministre, l’ouverture de la sélection doctorale s’inscrit directement dans la mise en œuvre de directives très hautes de la présidence de la République, données en novembre 2025 pour relancer les formations doctorales dans les onze universités publiques du pays.

Ces instructions présidentielles ont fixé le cadre général d’une reprise du recrutement doctoral partout au Cameroun, avec un quota national de 600 places. La répartition de ces places entre les universités a été élaborée par la Commission nationale de formation doctorale en concertation avec les recteurs et vice-chanceliers, qui connaissent précisément les capacités d’encadrement et les priorités de leurs établissements respectifs.

Trois piliers au service de l’excellence académique

Le ministre a justifié ce choix de quota en le replaçant dans une logique académique et stratégique :

1. Respect du système LMD : Dans le système Licence-Master-Doctorat, l’accès au doctorat n’est pas automatique après un master, mais conditionné par l’excellence académique. Le quota reflète cette exigence structurante.

2. Qualité scientifique : Un nombre limité de doctorants permet un encadrement personnalisé et un suivi de qualité par les enseignants-chercheurs, ce qui contribue à garantir la pertinence et la visibilité internationale des travaux.

3. Contraintes économiques et stratégiques : L’État assume la nécessité d’orienter la recherche vers des secteurs prioritaires pour le développement national, tout en prenant en compte les moyens financiers disponibles.

Le ministère a d’ailleurs prévu un budget spécifique pour accompagner ces 600 doctorants, ce qui inclut un financement dédié aux besoins scientifiques de ces chercheurs.

Un processus déjà engagé et encadré

Le calendrier des opérations de sélection a été respecté jusqu’à présent, avec des appels à candidatures lancés par les universités avant la date limite fixée. Les établissements universitaires doivent soumettre les listes des candidats présélectionnés à la Conférence des Chefs des Institutions Universitaires Publiques avant la mi-février 2026. Une fois cette étape achevée, le ministre appréciera la conformité des procédures avant de valider définitivement les admis.

Cette démarche vise, selon le ministère, à assurer transparence, rigueur et excellence pour la promotion d’un doctorat camerounais compétitif à l’échelle internationale.

Francky ONANA

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