Marketing : Quand l’ESSTIC décode le « Storytelling », l’arme fatale des marques
Le 30 janvier 2026 à Yaoundé, l’amphi D4 de l’École Supérieure des Sciences et Techniques de l’Information et de la Communication (ESSTIC) a vibré au rythme de la conférence académique du groupe Bolessa. Entre enjeux stratégiques et immersion professionnelle, retour sur une rencontre qui redéfinit l’art de vendre par le récit.
Dans une arène médiatique saturée où l’attention est devenue la monnaie la plus rare, le produit ne suffit plus. C’est le constat cinglant qui a ouvert les débats de la conférence intitulée : « Storytelling : l’arme des marques qui se vendent ». Organisée par les étudiants de Niveau 3 Publicité, cette rencontre n’était pas qu’un simple exercice académique, mais une véritable masterclass sur la survie des marques dans l’écosystème numérique.
L’émotion, boussole de la performance
Sous la houlette de Moïse Benga, DGA d’Audace Media Group, le panel a disséqué la mécanique du récit. Pour Inès Ntsama, enseignante en stratégie de communication, le verdict est sans appel : « Le storytelling n’est pas une option esthétique, mais une construction stratégique qui donne du sens à l’identité de marque ». Loin d’être un simple « habillage », l’histoire devient le socle de la confiance entre l’entreprise et son public.
Cette vision a été corroborée par Boris Skillcath, directeur créatif, pour qui l’authenticité est la clé de voûte : « Les marques qui marquent sont celles qui racontent une histoire dans laquelle le consommateur se reconnaît ». Un postulat qui transforme l’acheteur en membre d’une communauté, un passage du simple acte d’achat à l’adhésion émotionnelle.

De la salle de classe au monde pro
L’originalité de l’événement résidait dans l’hybridation des expertises. Boris Mfa a exploré l’esthétique narrative, tandis que Giyo Ndzi (Paradigm) a rappelé le rôle crucial du digital dans l’amplification de ces récits. Pour l’aspect technique, Loïc Nkono, senior copywriter, a exposé les formats d’engagement qui font mouche sur les plateformes actuelles.
Cette immersion répond à l’ambition du Professeur Assomo, Chef du département Publicité : briser le plafond de verre entre la théorie et le terrain. « Il s’agit d’outiller les étudiants pour affronter le monde professionnel avec des compétences pratiques », a-t-il précisé. Un objectif partagé par Benoît Linwa Eba, président du comité d’organisation, qui voit dans cette conférence « une invitation à transformer une audience en communauté ».
Le récit comme avantage concurrentiel
Au sortir de ces trois heures d’échanges intenses, une vérité s’impose : le marketing moderne est devenu une guerre de narration. À l’heure où les algorithmes nivellent les visibilités, seule la singularité du récit permet de s’extraire de la masse.
Soutenue par des partenaires comme CommsOfAfrica, cette initiative du Groupe Bolessa prouve que la relève de la communication camerounaise a bien compris l’enjeu majeur du siècle : aujourd’hui, on n’achète plus seulement un produit, on achète l’histoire qui va avec.


Arsène BAMBI KONDO
