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Suspension du recrutement des auditeurs libres : l’État modifie les règles des écoles normales

C’est un tournant majeur pour la formation des enseignants au Cameroun. Dès la rentrée 2026-2027, le recrutement des auditeurs libres dans les ENS et ENSET sera officiellement suspendu, marquant la fin d’un système qui avait pris le pas sur les concours classiques. Entre volonté de régulation des flux et nécessité de garantir l’excellence pédagogique, le ministre Jacques FAME NDONGO sonne le rappel à l’ordre pour restaurer la “normalité” au sein des grandes écoles normales du pays.

Une décision ministérielle qui change la donne

Le gouvernement camerounais a décidé de mettre fin au recrutement des auditeurs libres dans les écoles normales supérieures publiques à partir de l’année académique 2026-2027. Cette mesure, annoncée par le ministre de l’Enseignement supérieur, Jacques FAME NDONGO, intervient dans un contexte de réformes profondes du système de formation des enseignants.

Dans une correspondance officielle datée du 21 janvier 2026 adressée aux recteurs des universités publiques, le ministre instruit l’arrêt de toute procédure de recrutement d’auditeurs libres dans les grandes écoles normales, notamment à l’École normale supérieure (ENS) de Yaoundé et ses homologues.

Retour aux concours d’entrée et justification politique

La suspension de ces recrutements s’inscrit dans le cadre de la reprise des concours d’entrée dans les écoles normales supérieures et les écoles normales supérieures d’enseignement technique (ENSET). Ces concours, suspendus depuis 2022, avaient été relancés par le président de la République, avec la publication d’arrêtés fixant les modalités et les capacités d’accueil des futurs étudiants.

Selon Jacques Fame Ndongo, cette décision vise à restaurer la normalité des processus d’admission et à renforcer la qualité de la formation des futurs enseignants. La correspondance ministérielle rappelle que la formation sur dossier, ouverte aux auditeurs libres pendant la suspension des concours, n’offrait plus de garantie d’intégration dans la fonction publique.

Un enseignement en pleine mutation

Depuis l’arrêt des concours, de nombreux établissements ont augmenté de façon significative le nombre d’auditeurs libres admis, parfois jusqu’à 700 par an contre environ 130 lors des périodes d’intégration directe. Face à l’accumulation d’un vivier important de formés sans intégration automatique, estimé à près de 10 000 enseignants en formation ou déjà formés depuis 2023, l’État juge nécessaire de restructurer les flux.

Cette situation avait également suscité un certain mécontentement au sein des écoles concernées, car la formation pour auditeurs libres était devenue une source importante de revenus pour certains établissements.

Conséquences pour les candidats et perspectives

Les jeunes aspirants enseignants qui envisagent de suivre une formation à l’École Normale Supérieur devront désormais passer par les concours officiels pour espérer être admis. Les étudiants déjà en cours de cycle au moment de cette mesure ne sont pas directement touchés par l’arrêt du recrutement, mais les futurs candidats devront se conformer à la nouvelle réglementation pour intégrer les ENS et ENSET.

La durée de cette suspension n’a pas été précisée dans la correspondance ministérielle, qui stipule simplement qu’elle s’applique jusqu’à nouvel ordre du gouvernement.

Francky ONANA

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