Enseignement supérieur : Conakry parie sur le « Soft Power » britannique pour briser ses chaînes
Face à un chômage endémique et une déconnexion flagrante des standards mondiaux, la Guinée active le levier diplomatique. L’objectif ? Faire de l’anglais et du savoir britannique le nouveau passeport des étudiants guinéens.
C’est un constat amer : en Guinée, moins de 15 % des étudiants accèdent aux ressources numériques indispensables à la recherche. Pire, le taux de scolarisation continental stagne à 9 %, laissant la moitié des diplômés sur le carreau. Pour Alpha Bacar Barry, ministre de l’Enseignement supérieur, l’heure n’est plus aux demi-mesures. Le 20 janvier 2026, il a scellé avec l’ambassadeur britannique, Daniel Shepherd, une alliance stratégique destinée à internationaliser les campus guinéens.
L’anglais, plus qu’une langue, une arme de combat
Au cœur de cette offensive : la métamorphose du Centre d’étude de la langue anglaise (CELA) de Sonfonia. Loin d’être un simple laboratoire linguistique, ce futur pôle d’excellence vise à transformer l’étudiant guinéen en un profil « globalisé ». Sans maîtrise de la langue de Shakespeare, l’accès aux publications scientifiques et aux concours d’élite de Dalaba reste une chimère.
Des passerelles vers l’élite
Londres ne se contente pas de conseils. Le partenariat prévoit une formation intensive des formateurs et des passerelles directes vers les grandes institutions britanniques. En misant sur cette « thérapie de choc » linguistique et structurelle, Conakry espère enfin aligner ses diplômés sur les standards de l’employabilité mondiale. Une révolution de velours pour une jeunesse qui ne demande qu’à s’exporter… sans quitter son écran.




Jean Bosco BELL
