Révolution silencieuse à l’ENS de Maroua : Le braille et les signes au cœur de la formation
Alors que les barrières à l’apprentissage restent un défi majeur pour les étudiants en situation de handicap au Cameroun, l’École Normale Supérieure (ENS) de l’Université de Maroua vient de poser un acte fort. Les 24 et 25 février 2026, le campus de Kongola-Djoulgouf-Kodek est devenu l’épicentre d’une réforme pédagogique humaine et technologique.
L’inclusion : de la théorie à la pratique
L’éducation pour tous n’est plus un simple slogan à Maroua. Sous l’impulsion du Département des Sciences de l’Éducation, un atelier de renforcement des capacités a réuni des enseignants déterminés à briser le mur du silence et de l’obscurité. Dans l’antre du Centre des Ressources en Technologies Éducatives, la craie a cédé la place à la tablette braille et à la gestuelle de la langue des signes.
Coordonné par des figures de proue comme Seyni Sail Gombo et le Dr Wanba, ce séminaire s’est attaqué de front aux réalités du terrain. La première journée a été consacrée à l’immersion dans l’univers des malvoyants : lecture et écriture en braille, mais aussi intégration d’outils numériques adaptés. Pour les participants, les exercices pratiques n’étaient pas de simples simulations, mais une véritable réadaptation de leur logiciel pédagogique.
Vers une autonomie totale
Le second acte de cet atelier a exploré la communication gestuelle et la mobilité. Apprendre la langue des signes et maîtriser les techniques de la canne blanche ne sont pas des options, mais des impératifs pour un enseignant du 21e siècle. Comme l’ont souligné les experts intervenants, l’objectif est d’offrir aux étudiants handicapés une autonomie réelle et une insertion académique sans complexe.
Un modèle pour le supérieur
En clôturant cet événement ce 25 février, l’ENS de Maroua envoie un message clair à l’ensemble du système universitaire camerounais : l’excellence académique est indissociable de l’équité. Ce séminaire marque une étape essentielle vers l’élimination des barrières discriminatoires, transformant chaque enseignant en un vecteur de dignité pour l’étudiant. À Maroua, l’avenir s’écrit désormais en relief et se parle avec les mains, pour que personne ne reste sur le quai du savoir.










Arsène BAMBI KONDO
