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Fusillade à Graz : l’école, ce sanctuaire profané

Et soudain, l’horreur. Ce mardi 10 juin 2025, dans une école de Graz, paisible ville d’Autriche réputée pour sa sécurité, un jeune homme de 22 ans a ouvert le feu sur des élèves et des adultes, faisant dix morts, une trentaine de blessés, et laissant derrière lui un sillage de sang et de stupeur. Parmi les morts : des enfants, un enseignant… et l’assaillant lui-même, ancien élève des lieux, qui se serait donné la mort.

Que s’est-il donc passé dans l’esprit de ce garçon pour qu’il transforme un lieu d’apprentissage en abattoir ? Qu’est-ce qui, dans notre monde, rend possible l’impensable ?

L’école est censée être un refuge, un lieu sacré où l’on apprend à vivre ensemble, à rêver, à construire. Mais à Graz aujourd’hui, comme à Prague hier, à Belgrade avant-hier, l’école est devenue une cible. Une fois encore, l’Europe bascule dans l’insoutenable. Une fois encore, les sirènes, les sacs à dos ensanglantés, les cris, l’impuissance.

Les réactions politiques n’ont pas tardé : consternation, chagrin, indignation. La présidente de la Commission européenne parle d’“écoles devenues lieux de mort et de violence”. Mais au-delà des mots, où sont les actes ? Où est la prise de conscience radicale ? Qui ose nommer le malaise profond, l’effondrement silencieux du lien social, la solitude numérique des jeunes, l’accessibilité insensée aux armes ?

Graz est meurtrie. L’Autriche est en état de choc. Et nous tous, citoyens d’un monde qui vacille, devrions être en colère. Furieux. Car ce carnage n’est pas un simple accident, c’est le symptôme d’un monde malade. Et tant que l’on ne traitera pas les racines du mal, le sang continuera de couler dans les couloirs des écoles.

Jean Bosco BELL

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