Vatican : Vera Songwe, une voix africaine au cœur des Sciences Sociales du Pape
À quelques semaines de la visite historique du Pape Léon XIV au Cameroun, la nomination de l’économiste Vera Songwe à l’Académie pontificale des sciences sociales résonne comme un signal fort envoyé au continent et au monde financier.
Le Vatican a tranché. Le 9 mars 2026, le Pape Léon XIV a officiellement nommé la Camerounaise Vera Songwe membre ordinaire de l’Académie pontificale des sciences sociales (PASS). Cette nomination, loin d’être honorifique, propulse l’une des expertes les plus influentes de sa génération au sein du « laboratoire d’idées » du Saint-Siège.
Un parcours d’exception entre Washington et Addis-Abeba
Née à Nairobi et originaire de Bamenda, Vera Songwe est le pur produit d’une excellence académique globale. Docteur en économie mathématique de l’Université catholique de Louvain, elle a gravi tous les échelons du Groupe de la Banque mondiale avant de marquer l’histoire en devenant la première femme à diriger la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA) entre 2017 et 2022.
Aujourd’hui à la tête du panel international sur le financement climatique, elle apporte au Vatican une expertise rare : celle d’une économiste capable de concilier les chiffres de la haute finance avec les impératifs de la justice sociale.
Éclairer la doctrine sociale de l’Église
L’Académie pontificale, nichée dans la magnifique Casina Pio IV des jardins du Vatican, n’est pas un cercle de prière, mais une instance de réflexion de haut vol sur la pauvreté, la gouvernance et, désormais, la transition écologique. Dans un monde marqué par des crises systémiques, le Pape Léon XIV semble vouloir intégrer la perspective africaine sur des sujets brûlants comme la justice fiscale mondiale et le financement de la dette.
Un symbole fort pour le Cameroun
L’annonce n’est pas passée inaperçue à Mbalmayo, lors de la Conférence Épiscopale Provinciale de Yaoundé (CEPY), où Vera Songwe a été citée comme un modèle d’engagement citoyen. Surtout, cette distinction intervient alors que le Cameroun s’apprête à accueillir le souverain pontife du 15 au 18 avril prochain.
Si certaines voix s’élèvent pour rappeler les positions passées de ses anciennes institutions sur les questions de santé reproductive, cette nomination souligne surtout la volonté du Pape de dialoguer avec la science contemporaine, sans frontières, pour bâtir une « économie du bien commun ».

Jean Bosco BELL
