Royaume-Uni : Londres ferme temporairement ses visas étudiants aux Camerounais
C’est un coup de tonnerre qui secoue la jeunesse camerounaise. Le 11 mars 2026, le Haut-commissariat de Grande-Bretagne à Yaoundé a annoncé la suspension temporaire de l’accès aux visas étudiants pour les ressortissants camerounais. Une décision qui entrera pleinement en vigueur le 26 mars prochain et qui devrait durer environ 18 mois.
Londres se veut pourtant rassurant. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, la mission diplomatique insiste : il ne s’agit « ni d’une décision politique, ni d’une remise en cause des relations bilatérales » entre le Royaume-Uni et le Cameroun. La mesure est présentée comme un simple mécanisme de régulation du système migratoire britannique.
Dans les faits, seuls les candidats déjà détenteurs d’une Confirmation of Acceptance for Studies (CAS) peuvent encore déposer leur demande jusqu’au 26 mars. Passé ce délai, toute requête sera automatiquement refusée et ne donnera lieu à aucun remboursement.
Le « frein d’urgence » du Home Office
Derrière cette décision se cache une préoccupation croissante des autorités britanniques. Selon le Home Office, plus d’un tiers des étudiants camerounais arrivés ces deux dernières années avec un visa d’études ont ensuite introduit une demande d’asile. Pour Londres, cette pratique constitue un détournement du dispositif universitaire, censé être réservé à des séjours académiques temporaires.


Face à cette situation, le gouvernement travailliste dirigé par Keir Starmer a activé un mécanisme qualifié d’« emergency brake », un frein d’urgence destiné à préserver l’intégrité du système migratoire. La ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, évoque une décision « sans précédent » visant à mettre fin aux abus observés ces dernières années.
Les chiffres avancés par Londres sont éloquents : entre 2021 et 2025, les demandes d’asile déposées par des étudiants originaires de quatre pays – le Cameroun, l’Afghanistan, la Birmanie et le Soudan – auraient augmenté de près de 470 %. Au total, près de 2 900 visas d’étude ont été délivrés aux ressortissants de ces pays entre septembre 2024 et septembre 2025, tandis que plus de 1 200 titulaires ont ensuite sollicité l’asile.
Une décision qui inquiète les étudiants
Au Cameroun, l’annonce a provoqué une onde de choc dans les milieux universitaires. Chaque année, des centaines d’étudiants se tournent vers les universités britanniques, réputées pour la qualité de leur enseignement et leurs débouchés professionnels.
Si Londres précise que les Camerounais déjà installés au Royaume-Uni ne sont pas concernés et que les autres catégories de visas – travail, visite ou affaires – restent ouvertes, la suspension du visa étudiant fragilise un pan important de la coopération éducative entre les deux pays.
Pour les autorités britanniques, l’objectif est clair : restaurer la crédibilité de la voie académique tout en évitant que la mobilité étudiante ne devienne un canal détourné d’immigration permanente. Reste à savoir si, d’ici 2027, cette parenthèse migratoire permettra de rétablir la confiance entre Londres et la jeunesse camerounaise.

Arsène BAMBI KONDO
