ActualitésCampuslifeCoachingDébats & OpinionsEtudesJob Space

Fin du romantisme académique : Le plaidoyer de Jean Ediegnie pour une jeunesse camerounaise “utile”

Dans un pays où le diplôme a longtemps été perçu comme un talisman mystique ouvrant les portes de la fonction publique, la voix de Jean Ediegnie résonne comme un signal d’alarme nécessaire. Écrivain engagé et pédagogue de terrain, Ediegnie ne se contente plus d’observer les tares de la société ; il s’attaque désormais au cœur du problème : l’orientation universitaire. Son message est clair : pour la jeunesse camerounaise, et particulièrement celle issue de familles modestes, l’université ne doit plus être un lieu de « romantisme », mais un poste de commandement stratégique.

Le diagnostic : L’État n’est plus le grand employeur

Le constat de départ de Jean Ediegnie est d’un réalisme froid. L’époque où la Licence en “matières générales” garantissait une intégration automatique à la Fonction Publique est révolue. Entre des concours saturés et un secteur public qui s’essouffle, le parchemin classique a perdu de sa superbe. Pour Ediegnie, le diplôme doit redevenir ce qu’il aurait toujours dû être : un outil. Un outil qui sert à faire, à construire et, surtout, à se vendre sur un marché de l’emploi de plus en plus exigeant.

Voici le “Top 5” des filières que cet intellectuel identifie comme les leviers de l’autonomie économique au Cameroun.

1. Le Bloc STEM : L’ingénierie comme colonne vertébrale

Pour Jean Ediegnie, les Sciences, Technologies, Ingénierie et Mathématiques (STEM) ne sont pas des options, mais des nécessités nationales. Informatique, génie civil ou mécanique : ces disciplines forment des techniciens dont le pays a désespérément besoin.

  • Pourquoi ça marche ? Parce que le Cameroun est un chantier permanent. Des infrastructures de Douala aux startups de Yaoundé, la compétence technique possède une valeur universelle. L’avantage majeur souligné par l’auteur est la flexibilité : on peut être salarié d’une PME locale ou freelance international depuis son salon à Bafoussam.

2. Santé et Paramédical : Le secteur de la stabilité

Si la médecine reste le graal pour les plus endurants, Ediegnie met l’accent sur le paramédical (soins infirmiers, sages-femmes, analyses biomédicales). Dans un contexte de croissance démographique et de multiplication des cliniques privées, le professionnel de santé jouit d’une sécurité économique rare. C’est, selon lui, une filière “socialement utile et économiquement stable”.

3. L’Agro-industrie : Sortir de la “houe” pour la valeur ajoutée

Le Cameroun importe encore massivement ce qu’il consomme. Pour Jean Ediegnie, le gisement d’emplois se trouve dans la transformation. L’agrobusiness moderne ne consiste plus à cultiver la terre péniblement, mais à transformer le manioc, le cacao ou le maïs. C’est ici que se crée la richesse. “Nourrir les autres reste l’un des métiers les plus sûrs”, martèle-t-il, appelant à une révolution du génie rural et du conditionnement.

4. Le Management Pratique : Gérer pour ne pas sombrer

L’écrivain-enseignant apporte une nuance cruciale : le management et la comptabilité ne valent rien s’ils restent théoriques. Il prône une version “terrain” de ces métiers. Tenir une comptabilité réelle pour une PME ou structurer un commerce local sont des compétences monnayables immédiatement. Ici, le business n’est pas une abstraction, c’est une compétence appliquée au contexte camerounais.

5. L’Économie Numérique : La porte de sortie des plus modestes

C’est peut-être le point le plus inspirant pour la jeunesse. Le marketing digital, le design graphique et la création de contenu offrent un “coût d’entrée faible”. Avec un smartphone, une connexion internet et une discipline de fer, un jeune peut s’extraire de la précarité en servant des clients mondiaux. C’est la filière des « autodidactes stratégiques ».

Conclusion : Le diplôme comme arme de construction massive

L’approche de Jean Ediegnie est celle d’un humaniste pragmatique. Il ne méprise pas les lettres ou les sciences humaines — domaines qu’il chérit en tant qu’écrivain — mais il rappelle l’urgence de la survie économique. Pour lui, le choix d’une filière doit être guidé par quatre piliers : Utilité, Demande, Adaptabilité et Capacité à créer de la valeur.

En somme, l’article de Jean Ediegnie est une boussole. Il invite chaque étudiant à se poser la question fatidique avant de s’inscrire en faculté : “Que vais-je pouvoir faire concrètement avec ce diplôme ?” À l’heure où le Cameroun cherche sa voie vers l’émergence, cette lucidité pédagogique est non seulement bienvenue, elle est vitale.

Source : (4) Jean Ediegnie – Top 5 des filières universitaires à fort potentiel… | Facebook

Jean Bosco BELL

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *