Le personnel d’appui des universités d’État interpelle Paul Biya : « Nous ne demandons rien d’extraordinaire, seulement justice et dignité »
Dans la salle sobre du siège de l’Union Générale des Travailleurs du Cameroun (UGTC), quartier Bali, l’émotion était palpable dès 11 heures ce 17 septembre 2025. Le Collectif des Délégués du Personnel d’Appui des Universités d’État, épaulé par les bureaux régionaux du SYNAPAUC, a convoqué la presse nationale et internationale pour lancer un cri de détresse, mais aussi un appel solennel au président de la République, Paul Biya.
« Nous ne sommes pas des grévistes, mais des serviteurs de l’État oubliés », ont martelé les intervenants. Agents d’entretien, gardiens, techniciens, secrétaires, laborantins… ils sont ces travailleurs de l’ombre qui assurent le fonctionnement quotidien des universités camerounaises. Leur message est clair : sans eux, les campus cesseraient de tourner, et l’excellence académique resterait une promesse illusoire.
Quatre revendications vitales
Leur plateforme revendicative, exposée avec rigueur et solennité, s’articule autour de quatre axes.
D’abord, le paiement des rappels liés à la revalorisation du SMIG de 2014, dont l’application partielle en 2021 a laissé en suspens d’importants arriérés. Pour les travailleurs, ces sommes représentent des projets différés, des familles appauvries, des retraités laissés-pour-compte. « Ce n’est pas une faveur, mais un droit », insistent-ils.
Ensuite, l’application immédiate de la nouvelle grille salariale validée en 2023 par le ministère du Travail. Alors que le coût de la vie explose, ces agents dénoncent une stagnation insoutenable de leurs revenus. « Un travailleur mal payé est un travailleur démotivé », rappellent-ils, soulignant que la qualité du service public en dépend.
Troisième revendication : l’établissement d’un véritable profil de carrière. Faute de perspectives, beaucoup stagnent au même poste des années durant, sans reconnaissance de leur ancienneté ou de leur mérite. Une situation vécue comme une profonde injustice.
Enfin, ils réclament le retrait des professeurs de lycée et instituteurs affectés à des postes relevant du personnel d’appui. Une mesure jugée incohérente, qui prive les établissements secondaires de ressources pédagogiques et bloque les perspectives professionnelles de ceux qui devraient occuper légitimement ces fonctions.
Un timing stratégique
Le choix de cette sortie publique n’est pas anodin. À quelques semaines de la rentrée universitaire 2025-2026, les personnels d’appui rappellent qu’ils sont l’épine dorsale du système : sans amphithéâtres entretenus, sans sécurité, sans administration opérationnelle, aucune université ne peut fonctionner. Leur appel au président Biya vise donc autant la justice sociale que la stabilité du service public de l’enseignement supérieur.
Un ton respectueux mais ferme
Si le discours se veut respectueux des institutions, il est empreint d’une fermeté nouvelle. Après des années d’attente et de démarches infructueuses, le collectif affirme ne plus pouvoir reculer. « Nous croyons au dialogue, mais il y a des limites à la patience », préviennent-ils.
En conclusion, ce point de presse résonne comme un avertissement diplomatique. Le SYNAPAUC et ses délégués régionaux posent la question de fond : quelle place l’État réserve-t-il à ses travailleurs de l’ombre ? À travers leurs revendications, c’est la dignité de milliers de familles qui se joue, et avec elle, l’avenir de l’enseignement supérieur camerounais.
Découvrez ladite déclaration complète: https://campusunivers.com/wp-content/uploads/2025/09/Communication-pour-le-Point-de-Presse-des-Representants-des-Person-nels-dAppui-des-Universites-dEtat-du-Cameroun.pdf











Pierre MALINGUE
