Souveraineté Industrielle : L’ENSPD décroche la lune avec le premier Manomètre « Made in Cameroon »
Après les exploits navals, des voitures école, des fusées école et des révolutions digitales, l’École Nationale Supérieure Polytechnique de Douala (ENSPD) vient de franchir un nouveau cap historique. En réussissant la fabrication intégrale d’un manomètre à tube de Bourdon, l’institution s’impose comme le fer de lance de la micro-mécanique et énergétique de haute précision en Afrique.

Un saut technologique sans précédent
On les croyait réservés aux géants industriels chinois (WIKA) ou européens. Pourtant, c’est au cœur du triangle national qu’une prouesse de micro-mécanique et énergétique vient de voir le jour. Le manomètre à tube de Bourdon, instrument indispensable pour mesurer la pression des fluides (liquide et gaz), est désormais une réalité technologique camerounaise.
Cette réalisation 100 % locale n’est pas qu’un simple objet technique ; c’est un message envoyé au monde : l’ingénierie de très haute précision a désormais son siège à Douala.
Le « Bourdon » : Un défi de micro-mécanique et énergétique
Le principe paraît simple : un tube métallique courbé qui se redresse sous l’effet de la pression pour actionner une aiguille. En réalité, sa conception exige une rigueur scientifique absolue :
- Études théoriques et numériques poussées.
- Ingénierie de précision pour calibrer la déformation du tube.
- Maîtrise des matériaux pour rivaliser avec les standards internationaux.
Pendant quatre mois d’un travail acharné, l’équipe projet a dû pallier l’insuffisance du plateau technique national par une inventivité hors pair. « Déconstruire pour mieux bâtir », tel est le credo qui a permis de comprendre les secrets de cette technologie pour mieux l’innover.
Le Pr Ruben MOUANGUE : L’architecte d’une vision heuristique
Au centre de cette épopée scientifique se trouve une figure de proue : le Pr Ruben MOUANGUE, Directeur de l’ENSPD qui se met avec bonheur à la remorque de la vision du Recteur de l’Université de Douala, le Pr Magloire ONDOA. Son engagement ne se limite pas à l’administration ; il est le moteur d’une démarche heuristique qui pousse enseignants et étudiants à explorer l’inconnu.
Sous sa supervision éclairée, une équipe de choc a transformé l’essai. Ce commando de l’innovation est constitué de : Angela Anaëlle SINPEHIKI, Godwill AKONDI, Samuel EBELLE BONGONGUI, Roosevelt AZEBAZE, Steven NARMADE, Michel NJIKE, Arcel NJAPA, Le Roi TIEMDJO, et Franck NJANGA.
Dans un témoignage vibrant de reconnaissance, le chef d’équipe des étudiants souligne le rôle pivot du Directeur : « Jamais il ne nous eût été possible de mener à son terme l’œuvre du Bourdon sans votre accompagnement… Vous êtes l’acteur majeur qui aura posé les jalons destinés à inscrire l’ENSPD au Panthéon des Grandes Écoles Africaines. » Cette vision transforme l’école en une véritable pépinière de solutions industrielles.
Un marché de plusieurs milliards de FCFA
L’enjeu est également économique. Le marché des manomètres au Cameroun pèse plusieurs milliards de francs CFA. De la Camwater aux Brasseries, en passant par la Cicam ou Camgaz, le besoin est immense. Jusqu’ici, l’Afrique dépendait entièrement de l’importation.
En se positionnant sur ce segment, l’ENSPD offre une opportunité de souveraineté économique exponentielle. Le Cameroun pourrait non seulement couvrir ses besoins internes, mais aussi devenir le fournisseur officiel de la sous-région et du continent, là où même les géants comme l’Afrique du Sud, mastodonte scientifique et technologique continentale peinent à produire une technologie purement africaine dans son essence.
L’ENSPD ne fabrique plus seulement des diplômés ; elle fabrique l’avenir industriel du Cameroun. Le manomètre à tube de Bourdon est la preuve que pour l’ingénierie camerounaise, la pression n’est plus un obstacle, mais une mesure de sa propre puissance.






Jean Bosco BELL
